conseil aux aidants

Comment suis-je devenue orthophoniste ?

Lorsqu’une jeune étudiante en sciences du langage m’a proposée une interview j’ai évidemment accepté.

Voici mes réponses à ses questions :

 

1. Peux tu te présenter ? 
Je m’appelle Marie et je suis orthophoniste depuis 5 ans.
Après 4 ans d’études, aujourd’hui je suis orthophoniste en libéral.
Je reçois très souvent des stagiaires, je crée du matériel orthophonique avec une maison d’éditions, je tiens à jour un blog de conseils en orthophonie et je donne des cours à l’école d’orthophonie de Paris. Bref, je ne tiens pas en place. 
 

2. Peux-tu expliquer ton métier ?
L’orthophonie est avant tout un métier de communication. J’accueille des patients de 2 à 90 ans.
Pour les enfants, la demande concerne le plus souvent des troubles de l’articulation ou de la lecture. Je reçois aussi des enfants avec divers handicaps : trisomie 21, trouble du spectre de l’autisme ou troubles neurologiques. Je me suis spécialisée dans les moyens de communication alternatifs (pictogrammes, langue des signes, classeurs de communication etc.)
Je reçois également des adultes ayant fait des AVC ou ayant une maladie neurodégénérative (Alzheimer ou Parkinson). 

 
3. Qu’est ce qui t’a amenée à faire ce métier et comment es-tu devenue orthophoniste ? 
Je cherchais un métier humain et de contact avec les gens. Je me suis renseignée sur ce métier paramédical et j’ai rencontré une orthophoniste près de chez moi. Ce fut la révélation ! Elle était passionnée et m’a transmise toute son envie.

Après l’obtention de mon baccalauréat, je suis partie faire des études à Bruxelles. Suite à mes trois années d’études, j’ai été diplômée logopède. Je suis rentrée en France pour mon année d’équivalence de diplôme. 

 

4. Quelles sont les qualités recherchées pour exercer ce métier ? 
Pour moi il faut être généreuse, empathique, pédagogue, dynamique, organisée et créative ! 
 
 
5. Quels sont les avantages et les inconvénients que tu trouves à ce métier ? 
Avantages : En libéral, je gère mon emploi du temps comme je l’entends, je ne suis jamais seule car j’ai toujours un patient en face de moi. Je travaille en équipe pluridisciplinaire. Ma plus grande satisfaction est d’observer les bénéfices de ma rééducation et les progrès de mes patients ! 
Dans mon métier j’ai plusieurs casquettes : je suis orthophoniste mais aussi maître de stage, auteure, éditrice, oreille attentive, lien entre la famille et les autres aidants, secrétaire, conseillère d’orientation,…
Inconvénients : On ne compte pas ses heures, on travaille le soir et le weekend. Les journées sont très fatigantes car le fait d’enchainer les rdv est énergivore. Et ne parlons pas de l’aspect comptabilité ! Un vrai fléau pour moi. 
 
 
6. Avec qui est-il intéressant de travailler quand on est orthophoniste et dans quels espaces est-il possible d’exercer ? 
Je travaille en équipe pluridisciplinaire avec des médecins, neurologues, kinés, ostéos, psychomotriciens, graphothérapeutes, orthodontistes… 
En orthophonie, il est possible de travailler en cabinet libéral seul, en cabinet pluridisciplinaire, en EPHAD, en école, en centres spécialisés pour enfants et adultes handicapés, à l’hôpital ou encore en école spécialisée (type école pour enfants sourds).
 
 
7. Quels sont les troubles que tu traites le plus ? 
Je reçois principalement des adultes avec des troubles neurologiques (post AVC, maladie d’Alzheimer ou Parkinson), des enfants avec handicap (T21 ou autisme) et des enfants avec troubles du langage oral (articulation). 
Mais aussi des patients avec troubles de la déglutition et des enfants dys (dyslexiques, dysorthographiques, dysphasiques). 
 
 
8. Que penses-tu de l’avenir de ce métier ? 
Je vous donne un chiffre : 0 
0% de chômage en orthophonie ! 
Nous sommes trop peu par rapport aux demandes. 
J’ai une liste d’attente à rallonge et je ne peux contenter tout le monde, même si nous sommes deux orthos au cabinet. 
J’évalue l’attente pour obtenir un rdv à 2 ans. 
Ceci n’est pas envisageable pour un patient ayant fait un AVC, pour un enfant en difficultés scolaires ou un petit patient handicapé ayant besoin d’un moyen de communication alternatif. 
Nous n’avons pas vraiment d’explications mais je pense à plusieurs causes : 
– le numerus closus qui n’augmente pas 
– de plus en plus de patients ayant la maladie d’Alzheimer (causée souvent par le stress, les médicaments, l’alimentation..)
– de plus en plus d’enfants ayant des soucis de concentration (causés par les écrans et le manque de stimulation). 
 
L’orthophonie est donc un métier plein d’avenir !
 
 

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