mémoire et fonctions exécutives

Conférence du professeur Steve Masson

Conférence du 16/04/2019

Vérité ou neuromythe – Connaître le cerveau pour aider à apprendre

Steve Masson, professeur Université du Quebec, Montréal

Conférence retranscrite par mes soins.

 

  • Tout le monde possède des intuitions sur la façon dont le cerveau fonctionne
  • Steve Masson nous présente 10 affirmations et nous démontre s’il s’agit de neuromythe ou de vérité.
  • Neuromythes : croyance non fondée sur le fonctionnement cérébral

 

 

  • Affirmation 1 : Les styles d’apprentissage

 

Les personnes apprennent mieux quand elles reçoivent l’information dans leur style d’apprentissage préféré (auditif, visuel, kinesthésique…)

 

Neuromythe : Aujourd’hui il n’y a pas de recherches pour savoir s’il y a une pertinence des systèmes d’apprentissages. Il faut donc de multiples modalités pour apprendre, plusieurs portes d’accès pour un double encodage : visuel et auditif !

 

 

  • Affirmation 2 : La conception de l’intelligence

 

Les élèves qui croient que l’intelligence est dynamique, c’est à dire qu’elle peut s’améliorer, profitent d’un effet bénéfique sur leur apprentissage contrairement à ceux qui croient que l’intelligence est fixe au cours de la vie.

 

Vérité : Effectivement, plus les personnes pensent que l’intelligence est dynamique, plus ils peuvent s’améliorer et avancer. Les jeunes ont une conception dynamique de l’intelligence. Il activent davantage leur cerveau lorsque l’on donne du feedback. Si l’on on croit que l’on peut s’améliorer, on fait des efforts (plus grande activation si conception dynamique).

 

 

  • Affirmation 3 : Les intelligences multiples

 

Les élèves possèdent un profil d’intelligence prédominant, par exemple logico-mathématique, musicale, interpersonnelle, dont il faut tenir compte dans l’enseignement.

 

Neuromythe : car on distingue assez mal aujourd’hui la notion de talent et d’intelligence. On ne peut séparer les intelligences en catégories.

 

 

  • Affirmation 4 : La neuroplasticité

 

Lorsque les élèves apprennent, des connexions entre les neurones dans leur cerveau peuvent se créer, se détruire, se renforcer et s’affaiblir.

 

Vérité : Les études montrent que lorsque l’on apprend, le cerveau change. Par exemple, quand on apprend à jongler, dans le cerveau on observe l’augmentation du nombre de connexions cérébrales (augmentation de la matière grise). A chaque instant, l’arborescence de nos neurones évoluent. Le cerveau change physiquement (“apprendre” ne veut pas dire augmenter les connexions, mais mieux les connecter).

 

 

  • Affirmation 5 : La dominance hémisphérique  

 

Des différences entre les élèves dont le cerveau gauche est dominant et ceux dont le cerveau droit est dominant peuvent aider à expliquer des différences d’apprentissage observées chez des élèves.

 

Neuromythe : on dit souvent que le cerveau gauche correspond à la logique/maths et que le droit correspond à la créativité, mais c’est un neuromythe. Selon Steve Masson, l’aire de la logique est au niveau frontal.

Conclusion de l’étude de Nielsen et al. 2013 : Nos données ne sont pas compatibles avec l’idée que certaines personnes sont plus “cerveau gauche” alors que d’autres sont plus “cerveau droit”.

 

 

  • Affirmation 6 : L’effet d’espacement

 

Espacer les périodes d’apprentissage améliore la performance des élèves en favorisant le maintien de l’activation du cerveau.

 

Vérité : Effectivement, espacer les périodes d’apprentissage permet de développer les habiletés et les connaissances.

Le cerveau reste actif plus longtemps donc cela contribue au maintien de l’apprentissage. Lorsque l’on doit se replonger dans une tâche, le cerveau doit faire de même et il doit se reconnecter. Il faut que ce soit difficile pour travailler ! Quand la tâche est trop simple il n’y a pas d’intérêt (pas d’apprentissage).

 

 

  • Affirmation 7 : Les exercices de coordination

 

De courtes séances de coordination peuvent améliorer l’intégration des fonctions des hémisphères gauche et droit du cerveau.  

 

Neuromythe : Aucun article scientifique n’a prouvé que la Braingym ne fonctionnait.

Conclusion de l’étude de spaulding, Mostert et Beam, 2010 : “Brainggym est fondé sur des hypothèses théoriques qui ont, depuis longtemps, été invalidées et il n’existe aucune recherche empirique de qualité validant ses prétentions”.

 

 

  • Affirmation 8 : La maturité cérébrale

 

L’ensemble du cerveau arrive à maturité vers le début de l’âge adulte.

 

Vérité : Chez l’adolescent, les capacités sont moindres que chez les adultes. Lorsque l’on enseigne à des ados, il ne faut pas avoir les mêmes attentes que les adultes car le cortex préfrontal n’est pas encore terminé. C’est important de dire que le cerveau peut changer, cela va motiver les apprenants !

 

 

  • Affirmation 9 : Le 10%

 

Nous utilisons environ 10% de notre cerveau

 

Neuromythe : Et heureusement !

 

 

  • Affirmation 10 : L’effet de test

 

Lorsque les élèves effectuent des examens, ils sont susceptibles d’activer davantage des régions cérébrales importantes liées à la mémorisation que lorsqu’ils effectuent des périodes d’études.

 

Vérité : lorsque les personnes doivent récupérer en mémoire ils apprennent davantage. La récupération en mémoire est très importante. On peut donc voir le test comme un outil d’apprentissage.

 

3 conseils du professeur pour un apprentissage fonctionnel (pour les enfants) :

  • l’importance du sommeil
  • pas de surstimulation
  • laisser des moments de pause à l’enfant  

 

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